LESIONS TISSULAIRES

Il s’agit là d’une des applications thérapeutiques utilisées en milieu hospitalier pour accélérer les process de cicatrisation dans les grands traumatismes cutanés, musculaires et osseux (brûlures, traumatisme par écrasement, retard de cicatrisation cutanée chez les diabétiques notamment, retard de consolidation osseuse).

Quand nous sommes victimes d’une lésion, la zone affectée se voit diminuée en apport d’oxygène par lésions de son réseau vasculaire dues à divers facteurs (syndrome inflammatoire, altération de la perméabilité vasculaire, infection….). L’hypoxie favorise une baisse de la multiplication cellulaire des fibroblastes et réduit la synthèse de collagène.

 

La pression artérielle d’oxygène (PaO2) des tissus lésés atteint les 5–15mmHg, ce qui est faible en comparaison des tissus voisins non altérés qui sont à 40-45mmHg pour 1 atmosphère de pression (1 ATA). Pendant la phase inflammatoire, l’OHB réduit l’œdème et l’inflammation dans la zone lésée.

 

Dans l’os, les activités ostéoclastiques et ostéoblastiques sont également diminuées. L’oxygénothérapie hyperbare augmente la diffusion pré-capillaire de l’O2 et rétablit une PO2 tissulaire satisfaisante dans ces zones mal vascularisées. L’augmentation de la PO2 tissulaire améliore l’activité de synthèse des fibroblastes, des ostéoblastes et des cellules endothéliales facilitant ainsi les phénomènes de réparation du tissu conjonctif et améliorant la cicatrisation des plaies, des lésions tendineuses, musculaires et des fractures.

Les séances d’oxygénothérapie hyperbare accélèrent les processus de néo-vascularisation. Toutefois, l’hypoxie est un stimulus puissant nécessaire à la prolifération vasculaire et à la synthèse des précurseurs du collagène. C’est l’alternance d’hyperoxie pendant la séance d’oxygénothérapie hyperbare et d’hypoxie entre les séances qui favoriserait l’augmentation du nombre et du diamètre des néo-vaisseaux. Si l’oxygénothérapie hyperbare est bénéfique dans les processus de multiplication et de synthèse cellulaires, une hyperoxie trop importante peut avoir expérimentalement un rôle néfaste par la production de radicaux libres.

 

Les muscles, tendons et ligaments se composent de cellules entrelacées de tissus conjonctifs riches en collagène qui leur offrent soutien et protection. Le collagène est un élément structurant du réseau inter-cellulaire. Ce système permet aux cellules de s’adapter aux contraintes mécaniques auxquelles elles sont soumises pendant la contraction musculaire.

Chaque cellule est vascularisée par une quantité de vaisseaux capillaires qui leur apportent les nutriments et l’oxygène. Une lésion affecte à la fois les tissus conjonctifs et les vaisseaux sanguins. L’oxygénothérapie hyperbare provoque une néo-vascularisation, et augmente la prolifération de fibroblastes (tissus cutanés), de myoblastes (tissus musculaires), et d’ostéoblastes (tissus osseux) et donc la formation de collagène indispensable à la réparation des tissus lésés.

La néo-vascularisation favoriserait une récupération plus rapide des lésions et un renforcement de la qualité des ligaments, tendons et muscles après 6 sessions de 90min d’oxygénothérapie hyperbare, effectuées en 10 jours.

 

Retard de Cicatrisation cutanée.

(extrait – Bull. Acad. Nationale Méd, 2005, 189, n°5, 853-865)

Il est connu de longue date que le déroulement normal du processus de cicatrisation conjonctive (constitution d’un bourgeon dont le développement évolue vers la cicatrisation), est sous la dépendance d’un gradient de pression d’oxygène. Toute hypoxie entraine un ralentissement, voire un arrêt de ces processus de cicatrisation et favorise le développement d’une infection locale. Dans le milieu hospitalier, ces constatations ont conduit à des applications cliniques (prise en charge des plaies de cicatrisation difficile, des lésions de radionécrose, etc…) par oxygénothérapie hyperbare.

 

L’oxygène joue un rôle essentiel à chaque étape de la cicatrisation : la pression tissulaire d’oxygène contrôle la prolifération des fibroblastes, régule l’hydroxylation de la proline et de la lysine, étape obligée de la synthèse du collagène, permet la libération du collagène par les fibroblastes ainsi que son incorporation dans la matrice cicatricielle.

 

L’oxygénothérapie hyperbare corrige l’hypoxie tissulaire en augmentant l’oxygène dissous dans le plasma par un effet de redistribution du flux sanguin vers les zones hypoxiques du fait de la vasoconstriction hyperoxique présente dans les tissus sains et par amélioration du flux micro-circulaire liée à un accroissement de la plasticité des hématies.